La particularité de la douleur du patient gravement brûlé est qu’elle est présente de façon continue et est exacerbée à de multiples reprises, chaque jour, par la mobilisation, les soins et la chirurgie réparatrice (débridement des zones de peau saine pour greffer les zones profondément brûlées).
Nous savons aussi que la douleur est une expérience subjective où les composantes sensorielles, émotionnelles, cognitives, affectives et comportementales interagissent, en résumé c’est un phénomène très complexe il n’existe pas un seul centre de la douleur mais plusieurs structures interagissent. Ceci explique pourquoi une douleur peut persister malgré l’arsenal pharmacologique à disposition.
Mais au delà de la douleur physique le patient brûlé est véritablement un patient souffrant. Les retentissements psychologiques d’une brûlure sont important, dans un premier temps le patient doit lutter pour sa survie dans un contexte agressif comme l’unité de réanimation, la douleur mal gérée peut générer des états d’anxiété, des problèmes d’insomnies voir de dépression, et l’atteinte de la peau conduit à une altération de l’image corporelle et de tout ce qui en découle : problème d’identité, d’estime de soi, de relation à autrui. Dans ce contexte l’hypnose nous a paru comme un outil indispensable et unique puisqu’elle active les ressources propres du patient qui lui permettent d’avoir un comportement d’adaptation à la situation.